Vivre ailleurs pour être plus près de chez soi

Vivre ailleurs pour être plus près de chez soi

Ce que je m’apprête à dire est assez étrange, mais les « expatriés » et autres personnes vivant ailleurs que dans leur pays d’origine m’appuieront peut-être. S’ils ne m’appuient pas, je me verrai contrainte de reconnaître que c’est encore le résultat de l’une de mes réflexions trop intenses sur la vie, le sens de la vie, et le sens du sens de la vie.

Ça fait maintenant plusieurs années que j’ai quitté la France, après un tour du monde, de nombreuses pérégrinations pour tenter de donner du sens à mon retour, et une installation au Québec, il y a déjà un peu plus de deux ans. La vie en France me semble être désormais à mi-chemin entre le fantasme et l’écoeurement. Quand je croise un Français à Montréal (et on s’entend bien que ce ne sont pas les opportunités qui manquent), on se met fatalement à parler de la France. Les Français qui évitent le sujet me semblent généralement assez hypocrites et quelque peu arrogants ; comme s’ils étaient au-dessus de leur expatriation, comme s’ils étaient là depuis suffisamment longtemps pour avoir oublié que dans le fond, ils étaient Français, ET NON QUÉBÉCOIS, MON AMI, alors redescends d’un étage.

La ville de Québec en hiver

La ville de Québec en hiver

Même si on a une réputation très discutable un peu partout dans le monde, je dois reconnaître que je suis fière d’être Française. Mais nuançons tout de même, « fière » est peut-être un peu exagéré – vous m’excuserez, c’est actuellement la nuit et je sais parfois être un peu intense quand le soleil est couché depuis plus de 7 heures. Je n’ai en tout cas pas honte d’être Française, car en France, on mange bien, on est capable de trouver un vin dégueulasse avec raison sans être oenologue pour un sou, on n’est pas farouche face à un fromage qui sent la mort – on trouve même ça surprenamment attirant – et surtout, même si on est globalement très mauvais en anglais, on sait situer, au moins approximativement, bien des pays du monde sur une carte. Ce n’est pas toujours le cas des habitants de vastes pays comme le Canada et les États-Unis, qui ont déjà quelques autres chats à fouetter avec leurs 1001 provinces et états, on ne leur en voudra donc pas, même si ça me heurte avec violence quand je raconte une anecdote de voyage et qu’on pense que le Népal est en Afrique. Mais passons.

Spa Finlandais de Laval

Spa Finlandais de Laval, Québec

L’autre jour, je disais à un ami que je n’avais jamais été aussi proche de ma famille que depuis que j’étais partie. Là encore, c’est assez inexact, et j’avais pris un raccourci pour avoir vraisemblablement la flemme de développer davantage. En réalité, je ne vois pas mes neveux grandir et je suppose que de faire des Skype avec leur vieille tante fatigante toutes les 2 semaines pour me tenir à jour sur leur vie, l’évolution de leurs goûts, et leurs bêtises inavouables ne les excite guère. Mais ce qui est certain, c’est que je suis bien plus en contact avec mes parents ou mes soeurs que lorsque je vivais en France et que je pouvais littéralement les voir « quand je voulais ». Mais quand je me penche sur la question (et Dieu sait que je me penche souvent jusqu’à presque tomber), je réalise que c’est ainsi pour tout ce qui est en lien avec mes origines, mon enfance, mon passé, mes racines, bref, avec qui je suis. Et donc avec la France. Ici, on vit au rythme des saisons qui savent tout à fait être odieuses si elles le décident (je fais principalement référence à l’hiver, vous m’aurez comprise). Et l’hiver, ici, on patine, on ride, on glisse, on se bat contre ses escaliers pleins de neige le matin, contre les trottoirs glacés, contre les orteils qui piquent, le nez qui coule, les cils qui gèlent et les doigts qui menacent de tomber. Ici, en hiver, on profite de paysages lunaires, du spectacle de la neige qui n’en finit plus de tomber, des possibilités de jouer à nouveau dehors comme des enfants, même quand il fait -20°. Puis, on pense avec émotion à nos shorts et à nos pieds nus, on pense à l’été qui nous semble, d’un bord, un lointain souvenir, et de l’autre, un rêve presque inaccessible. Et au milieu de ce tableau apocalyptiquement froid, il y a moi, et mon état littéralement de TRANSE lorsque j’entends un morceau des Gipsy Kings, ou même seulement quelques accords de flamenco, y compris quand il s’agit d’une douteuse chanson de Kendji Girac. Tout se décuple, et je deviens alors capable de pleurer en regardant une vidéo YouTube de The Voice Kids quand une petite fille reprend Andalouse. DON’T JUDGE ME.

Comme si le fait d’être aux antipodes météorologiques d’où je viens me faisait exploser à l’intérieur quand les éléments s’entrechoquent. Comme s’il fallait que je justifie à moi-même le fait de vivre ici, d’être à mille lieues de ce qui m’a toujours semblé être « la maison », et de pourtant être heureuse.

Hiver au Québec

Montréal / Montréal / Chicoutimi

Je ne me suis jamais sentie aussi Française que depuis que je ne suis plus en France, non seulement parce qu’on me le rappelle – volontairement ou non – tous les jours, mais parce qu’en plus, chaque matin, je réalise que rien de ce que je vis n’est habituel : les saisons, la bouffe, la culture, le « parlé ». J’ai vécu 26 ans en France, c’est en France que je me suis construite, que j’ai défini cette première vision du monde qui restera toujours quelque part en moi, bien que l’on mûrisse et que l’on aiguise son regard sur la vie avec les années, les voyages, les rencontres et les événements. Même si je vivais 26 ans encore ailleurs dans le futur, je ne serai jamais autre chose que Française, une Française du Sud qui a passé ses premières années d’adulte à Paris ; sans doute les plus déterminantes. Mes référentiels sont toujours là-bas, à mi-chemin entre les deux villes. À mi-chemin également entre les racines pied-noires et espagnoles de mon père, et les montpelliero-bretonnes de ma mère. À mi-chemin entre mes rêves d’enfant et ma réalité d’adulte.

Le sujet de l’identité géographique me fascine. Et même si je ne me sens pas réellement chez moi au Québec parce que je dis putain et pas esti, je ne me suis jamais autant sentie proche du chez moi qui est en moi. Il faut aussi dire que la distance fait oublier les aspects détestables de la France, les esprits fermés qui y prennent un peu trop la parole à mon goût, et les mentalités qui ne laissent pas suffisamment de place à chacun d’être qui il est. Je ne suis pas sûre que le bon vin à prix abordable, les planches de charcuterie-fromage des bars parisiens, les abonnements UGC illimité, les surgelés Picard, le savon de Marseille, la Féria de Nîmes, le chant des cigales jusqu’en septembre, et le champagne que l’on sort au moindre événement comme une excuse, puissent me permettre de passer au-dessus de ce qui m’agace et me blesse en France. J’y réfléchis encore. En attendant, je profite avec délectation de ces moments bénis que sont mes retours au pays, comme un retour aux sources. Je redécouvre ce qui a été toujours la norme pour moi, avec mes yeux de fille qui a fait de cette normalité une exception, pour ne pas être écoeurée au quotidien et voir la vie autrement. Et la bonne nouvelle, c’est que tout cela m’enrichit considérablement. Peut-être que si un jour, je quitte le Québec, pour un autre ailleurs ou pour rentrer en France, je frémirai en entendant un morceau des Colocs, de Jean Leloup, de Louis-Jean Cormier ou de Safia Nolin. Parce que jour après jour, ils s’immiscent un peu plus dans ma vie en entrant par mon iPhone et mes réflexes d’écoute lorsque je travaille, tout juste après Manu Chao et un peu avant Edith Piaf ou Jacques Brel. Cette mixité musicale, comme la mixité culinaire qui consiste à acheter du roquefort à 8$ et à manger du fromage en grain comme si cette texture était normale, deviennent peu à peu une nouvelle norme. Ma nouvelle norme. Celle d’une fille qui n’est pas d’ici, mais qui n’est plus vraiment là-bas non plus.

  1. Eustorgie

    Que voilà encore un beau texte de ma « cérébrale » de fille !!! Beaucoup de tiraillements… Tu regrettes l’étroitesse des mentalités en France a juste titre mais l’évolution est en marche et à grande vitesse. Il restera cependant toujours des esprits étriqués et indécrottables (que l’on peut trouver aussi ailleurs qu’en France…)
    Ton équilibre, tu le trouves actuellement au Québec alors profite à fond de ce que la vie t’offre là-bas et des bonnes choses que te procure la France lorsque tu reviens (fromage, saucisson, Champagne…), sans oublier l’amour inconditionnel de tes parents.
    Merci pour toutes tes réflexions qui nous font aussi avancer…

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    1. Anne Sellès

      Merci Maman. Les esprits étriqués et indécrottables sont effectivement partout, mais la France en tient une sacrée couche. 🙂 Heureuse de lire cette dernière phrase, et bien hâte de vous retrouver pour Noël.

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  2. Nathalie

    Tu n’es pas la seule à te poser ces questions. Expatriée depuis 15 ans sur plusieurs continents je te confirme que l’attachement à la France reste fort. Fille d’immigrée, je me suis même sentie vraiment française en vivant loin de mon pays de naissance. Je suis l’actualité française chaque jour et je dois dire que j’alterne entre des sentiments de fierté et de honte. Certains Français me déçoivent beaucoup en se fermant aux autres et aux différences. La France est regardée partout dans le monde mais son image me paraît parfois abîmée. Mon identité multiple s’est enrichie au gré des voyages. Je me sens bien et « chez moi » dans plusieurs pays très différents. Chaque pays d’accueil m’a appris beaucoup. Je suis capable de relativiser beaucoup plus. Les Français se plaignent beaucoup mais ne se rendent pas compte à quel point ils sont privilégiés. J’essaie dans chaque pays de profiter pleinement du positif et de composer (sans trop râler) avec le négatif! C’est un procesus continu avec des moments d’exaltation et des moments de lassitude. Chaque expatriation est plus facile que la précédente! Continue d’écrire, tes textes sont inspirants ! Bon courage pour l’hiver ! Je t’envoie plein de chaleur du Vanuatu !

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    1. Anne Sellès

      Un grand merci pour ton message, Nathalie ! Ce que tu dis me conforte beaucoup dans l’idée que j’ai de la vie à l’étranger et de la vision que l’on peut avoir de la France quand on n’y est plus. C’est super intéressant. Et 15 ans d’expatriation : wow ! Sur plusieurs continents : double-wow ! Quant au Vanuatu, je n’aurais plus assez de wow ! Je prends d’ailleurs volontiers la chaleur que tu m’envoies ; en retour, ce sera un peu d’air climatisé naturel québécois, si jamais ça te tente ! À très bientôt !

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  3. Marie-Julie

    I feel you. Complètement. Et crois-moi, si tu retournes vivre en France un jour, ce Québec que tu as fait tien sera toujours « proche » aussi, même quand il ne correpondra plus à la réalité, puisque les choses bougent tellement vite. On a tendance à figer les lieux dans nos souvenirs, alors que la vie continue là-bas aussi.

    Quand je vivais loin, il y a des gens avec qui j’échangeais régulièrement que je ne voyais pourtant jamais à Montréal. Comme si la distance nous rapprochaient de certaines personnes (et pas seulement la famille).

    Je dis toujours que vivre à l’étranger m’a permis d’être plus critique face à ma culture, mais aussi à relativiser une foule de choses, comme la notoriété. T’as beau écrire pour un grand journal québécois, qu’est-ce qu’il est minuscule, vu d’Asie!

    On construit des espèces d’identités parchworks en prenant ce qui nous convient, ici et là. Ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver, mais je trouve que ce recul et cette conscience a beaucoup plus de positif que de negatif. Bref, bon dodo!

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    1. Anne Sellès

      Vraiment très touchée, merci. Bien vrai pour la distance et le rapprochement ; il y a certains de mes amis avec qui je suis peu en contact au quotidien, et pourtant, je sais que je les appellerais systématiquement en atterrissant en France. Bien d’accord avec la critique, le fait de relativiser, et le patchwork d’identités. C’est fou comme on ne s’y attend pas nécessairement avant de le vivre, ou en tout cas, pas de cette manière. C’est super fort, très ambivalent comme sentiment, mais clairement, clairement, très enrichissant. Bon dodo aussi !

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  4. Lucie Aidart

    C’est marrant parce que l’on ne voit pas vraiment les choses de la même manière, même si sur certaines choses je suis complètement d’accord. Il faut dire qu’en tout, à 29 ans, j’ai vécu 7 ans et demi hors de France et que mes premières années de jeunes adultes, c’était à Londres.
    Je me pose beaucoup de questions sur mon identité, devenue un sacré bordel et un sacré mix et je vois qu’ici au Japon, ce n’est pas la Française en moi qui ressort, mais l’Argentine. Sans doute ma personnalité la plus récente, je ne sais pas trop. Tu avais lu mon article : http://voyagesetvagabondages.com/2016/09/identite-et-nomadisme/?

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    1. Anne Sellès

      Salut Lucie. Je viens de lire ton texte ; c’est intéressant, mais je crois profondément différent dans le cas d’une « expatriation »/vie à l’étranger, et le cas d’une vie nomade. Mais je suis en revanche convaincue que l’endroit où l’on passe nos années de jeune adulte joue un rôle immense dans la construction de notre identité (au sens large). En tout cas à notre âge actuel. Ça aura sans doute moins d’influence dans 15 ou 20 ans. Mais je ne pensais pas que Paris tiendrait finalement une place aussi particulière dans ma vie (et dans mon coeur, admettons-le), alors que je l’ai fuie en courant au bout de presque 7 ans… Ce que je retiens de ce que tu as écrit, c’est principalement que tu ne trouves plus ta place en France, que tu as l’impression de te rapprocher trop dangereusement de l' »ancienne toi », celle avec qui tu as un peu coupé les ponts. Et je le comprends ! En vivant de façon nomade, je crois que l’on prend le meilleur de chaque destination, on ne s’attarde que peu sur ce qui ne fait pas notre affaire, parce qu’après tout, on peut quitter l’endroit quand ça nous chante. Quand on vit à l’étranger, quand on y est réellement installé, on vit avec un tout ; le dépaysement, l’acculturation, la découverte des débuts, puis l’habitude qui s’installe doucement, les points négatifs avec lesquels il faut composer, parce que finalement, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Et la différence se trouve – pour moi – précisément là. J’ai quitté une France qui m’étouffait en 2013, j’ai voyagé, puis j’ai tenté de vivre en Argentine. Ça n’a pas marché, et j’ai finalement posé mes valises ailleurs. Avant de me sentir « habitante d’un autre pays », ou « expatriée », j’ai été nomade, sans adresse fixe, sans aucune routine. L’excitation et la surprise de ce que serait le lendemain prenait toute la place. Aujourd’hui, après plus de 2 ans au Québec, je réalise que j’essaye – même sans m’en rendre compte – de me créer MA place, de redéfinir mon identité, d' »être quelqu’un ailleurs ». C’est ce qui me semble nécessaire à l’heure où j’écris ces lignes, pour passer au travers de la routine qui revient, des habitudes, des points négatifs. Se concentrer sur ce qui nous nourrit, plutôt que ce qui nous ferait fuir, parce que c’est plus simple et moins confrontant. Mais là je parle pour moi, évidemment. À bientôt !

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  5. Elsa

    Voici une réflexion qui ne peut laisser aucun « expat » de marbre! De même que les commentaires suite à ton article qui montrent que malgré le fait que l’on ait tous le même statut, on le vit tous de manière bien différente.

    À mon tour donc de me poser la question car jusqu’à te lire, le « topic » ne m’avait jamais trop traversé l’esprit.

    Une chose est sûre, je ne suis plus de là-bas. J’ai même l’impression d’être has been lorsque je parle à ma famille restée sur place (ma sœur, mon neveu, mon père et son fils), je ne sais plus qui chante quoi, quel gouvernement fait quoi, quelles émissions de télé réalité sont sorties depuis Loft Story, ni quel nouveau nom a été donné à la région d’où je viens. Je sais malgré tout le goût du fromage, des pains au chocolats et de toutes les autres spécialités françaises qui me manquent. Le vin rosé et le melon. Les souvenirs télé des années 90, les séries, le ciné, la musique, l’atmosphère en France qui en seulement 20 a bien changé… Autant de choses qui me rapprochent des amis français que j’ai rencontrés à Ténérife mais qui au final ne signifient rien car loin de France le sens de la vie pour moi s’est éloigné des stéréotypes, du « que dit-on », de la valeur de mon diplôme et tutti quanti. Le sens de la vie est devenu sensé lorsque j’ai compris que ce n’est pas d’où je viens qui me définit, ni où je vis ; et rien ne me rend plus heureuse et rien ne me fait sentir plus chanceuse que de savoir qui je suis.

    Ma terre d’accueil aujourd’hui est Tenerife mais je ne sais pas encore si elle sera celle de demain. Pour le moment, je suis Européenne ca c’est encore sûr et à l’instant où j’écris ces lignes, je suis assise sur ma chaise de bureau, entourée de mes collègues, à quelques minutes de la fermeture de l’agence pour aller rusher à l’achat des derniers cadeaux de Noël.

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    1. Anne Sellès

      Elsa ! Merci pour ton message. C’est vraiment intéressant de te lire. Je crois que tu ne perds rien en ce qui concerne les gouvernements, les émissions de télé réalité ou les nouveaux noms de régions (Occitanie, pour notre part). Je suis en revanche rassurée de savoir que le goût du bon fromage, des pains au chocolat et du melon/rosé te sont toujours familiers ! Parce qu’il y a des choses qui ne changeront jamais, comme les souvenirs de nos années ensemble, malgré la distance, les années et les événements. Prends soin de toi, et peut-être à un de ces jours, de ce côté du monde ou de l’autre.

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  6. Jean-francois guignard

    Bonjour Anne,

    Comme toujours un texte fabuleux. En tant qu’expat je partage tout à fait ce que vous dites. Fils d’un sous-officier de l’armée de l’Air française, j’ai passé une grande partie de mon enfance en Afrique et un court séjour au Québec. Enfant et adolescent, je ne me suis jamais vraiment posé la question de l’identité culturelle. Mais c’est en Angleterre que, grâce au dédain total de ses habitants pour tout ce qui n’est pas Anglais, j’ai trouvé une fierté d’être Français. Mais il me serait très difficile de retourner y vivre aujourd’hui (bien que le résultat des élections américaines remette cela en question…).

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    1. Anne Sellès

      Merci pour votre message ! C’est vraiment intéressant de lire que les expériences nous amènent chacun à réagir différemment face à notre identité culturelle et géographique. Où vivez-vous aujourd’hui ?

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